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Des raisons pour lesquelles je vous conseille de faire le Hajj à pieds

Hajj à pieds, cela consiste en quoi concrètement ?

Les rites du Hajj se déroulent aux quatre endroits suivants : La Mecque, Mina, Arafat et Mouzdalifa

Au départ du Hajj (le 8 du mois de Dhoul Hijja), tous les pèlerins quittent la Mecque pour se rendre à Mina, ils y passent la nuit et le lendemain matin (le 9 donc, le jour de Arafa) ils se rendent à Arafat, y passent la journée et après le coucher du soleil partent à Mouzdalifa pour y passer la nuit. Le lendemain matin (le 10 donc, le jour de l’aïd) ils reviennent à Mina pour y pratiquer la lapidation de la grande stèle. Enfin, tous les pèlerins doivent revenir à la Mecque pour y faire le tawaf+ sa’y.

En résumé ce sont les principales étapes des rites du Hajj.

Du coup, lorsqu’on parle de Hajj à pieds, il s’agit des trajets suivants :

Makkah ==> Mina le 8 (entre 8 et 12 km)

Mina ==> Arafat le 9 au matin (entre 13 et 15 km)

Arafat ==> Mouzdalifa le 9 au soir (10 km)

Mouzdalifa ==> Mina le 10 au matin (5km)

Et Mina ==> Makkah (soit le 10, soit plus tard pas de souci) (entre 8 et 12 km)

Maintenant que l’on sait de quoi on parle au juste, quels en sont les avantages ?

1_Se mélanger à la foule de pèlerins

Toutes les images impressionnantes que l’on a l’habitude de voir des pèlerins le jour de Arafa sont en réalité des images de pèlerins piétons.

Lorsque l’on voit une sorte de marée humaine de pèlerins allant dans la même direction (quasiment tous vêtus de serviettes blanches), scandant la talbiya dans des dizaines d’accents étrangers, dégageant une incroyable aura et bien le parallèle avec le jour dernier n’est pas très difficile à faire. Et ça, il faut le vivre pour le comprendre réellement.

De loin on arrive à imaginer l’impact que cela pourrait avoir sur nous, mais lorsque vous vous retrouvez vous mêmes au milieu de centaines de milliers de personnes où le riche et le pauvre, le cadre et l’ouvrier, le docte et le moins docte, le vieux et le plus jeune etc. se côtoient avec pour seul habit 2 morceaux de serviettes, et bien croyez moi vous ne serez plus du tout même la même personne après avoir vécu cela.

Les pèlerins qui se déplacent en bus, se retrouvent grand maximum à 50 personnes, tous du même groupe (en ce qui nous concerne donc tous européens), inutile de dire que l’impact n’est pas du tout le même.

2_ Côtoyer les populations les plus riches humainement

Pour l’avoir toujours fait à pieds depuis 2005 je peux me permettre de valider certaines statistiques 

Individuellement on pourra toujours trouver quelques européens, quelques maghrébins, quelques turcs, quelques égyptiens … qui font leur hajj à pieds, mais l’écrasante majorité des pèlerins piétons (plus de 95% je dirais) provient de :

  • pays d’Afrique subsaharienne (Niger, Mali, Togo principalement, même si on croise quelques nigérians, ivoiriens, sénégalais …)
  • pays du sous-continent indien (Inde, Pakistan, Bangladesh

Le point commun de ces 2 populations ? Des gens aux moyens financiers ultra limités, voire d’une extrême pauvreté pour qui le Hajj représente l’aboutissement de toute une vie de sacrifice, un vrai projet de vie.

Des gens pour qui le Hajj équivaut à 40 ans (si ce n’est plus) de salaires.

Et pour nous, européens (pour qui le Hajj équivaut à 4 mois de salaire au SMIC), nous retrouver le temps de quelques jours mélangés à ces populations, est juste extraordinaire. Nul besoin de rappeler les bienfaits spirituels de la fréquentation des plus démunis, on se nourrit de leur simplicité, de leur humilité, des coeurs qu’ils ont dans les yeux, de leur joie de vivre, de leur contentement, de leur endurance … [et la liste est longue]

Faire son Hajj en bus nous fait complètement passer à côté de cela puisque l’on se retrouve automatiquement avec nos pairs (des européens comme nous).

3_ Vivre certaines étapes du Hajj qui ne peuvent être vécues qu’à pieds

Lorsque l’on fait son Hajj en bus on est dépendant de l’organisation du ministère du Hajj quant à la fluidité du trafic routier et donc la fluidité des transferts (Mecque-Mina, Mina-Arafat et Arafat-Mouzdalifa). En gros, vous ne partez pas quand vous avez envie.

Et bien cette dépendance a des incidences concrètes.

1ère incidence : Partir à mina la nuit du 7 au 8

Dans le déroulement « normal » des rites du Hajj (par normal j’entends le déroulement « sounna » tel que le prophète 3alayhi salam l’a vécu) les pèlerins prient al fajr à la Mecque le 8ème jour de Dhoul Hijja puis se rendent à Mina, le but étant d’y être avant Dohr.

Or, quand on prend le bus pour aller à Mina (depuis une dizaine d’années je dirais) l’on doit s’y rendre dans la nuit du 7 au 8, ainsi les pèlerins prient al fajr à Mina au lieu de le prier à Makkah.

Bien évidemment cela est valide juridiquement, aucun souci là-dessus, mais celui qui n’a pas de contrainte, pourquoi ne resterait-il pas à Makkah jusqu’à y prier al fajr ?

2èMe incidence : arriver à Mouzdalifa très tard dans la nuit

Juste après le coucher du soleil, les pèlerins peuvent quitter Arafat pour se rendre à Mouzdalifa, y prier al maghreb et al 3icha y passer la nuit et y prier al fajr.

Mais dans les faits, les pèlerins qui prennent le bus ne peuvent pas quitter Arafat juste après le coucher du soleil, parfois ils ne partent vers Mouzdalifa qu’à minuit (parfois même plus), du coup la nuit là est vraiment galère pour les pèlerins bus

Les pèlerins piétons arrivent généralement à Mouzdalifa entre 20 et 21h, ça leur laisse largement le temps de se reposer avec une bonne nuit de sommeil.

3ème incidence : on peut oublier la station d’Al machar Al haram

Al Machar al Harâm est un endroit particulier à Mouzdalifa au sujet duquel Allah dit :

« Lorsque vous déferlez de Arafat, rappelez le Nom de Dieu auprès du Mach3ar Al Harâm [Repère sacré] et glorifiez-Le pour vous avoir mis sur la bonne voie, alors qu’auparavant vous étiez du nombre des égarés ! »

Le prophète 3alayhi salam y a passé la nuit, y a prié al fajr et y a fait du dhikr jusqu’au début du lever du soleil (mais avant le lever franc) puis s’en est allé à Mina

C’est une étape du Hajj que les pèlerins piétons peuvent vivre et qui est quasi infaisable pour les pèlerins en bus pour la simple raison suivante :

Lorsqu’ils viennent de Arafat, les pèlerins en bus se font déposer à plusieurs km de l’emplacement de Al Mach3ar Al harâm, et qui plus est, dans les environs de minuit, le temps d’y arriver en marchant ce sera pas loin al fajr 🙂

D’ailleurs, tous les ans beaucoup de pèlerins font tous les trajets en bus à l’exception de celui-ci, et on le voit, ce soir là le nombre de pèlerins piétons augmente considérablement.

4_ Vivre une expérience particulière avec ses compagnons de voyage

C’est encore plus vrai si vous partez au Hajj en couple, en famille ou entre amis.

Bien que le Hajj (même en bus) comporte une dimension physique et une bonne dose de fatigue, tout le monde aura compris que le Hajj à pieds est un cran au dessus 

Et bien vivre cet effort physique, cette énergie débordante que dégagent les pèlerins, cette aura spirituelle qui s’apparente à un « mini » jour du jugement avec sa femme ou son mari, avec ses parents ou ses enfants ou encore entre amis est juste un truc que je souhaite à tout le monde.

5_ Se rapprocher un peu plus des conditions grandeur nature du Hajj des compagnons

Non pas que l’on cherche absolument à « galérer » alors qu’on aurait pu nous s’asseoir tranquillement dans un bus climatisé, c’est juste que l’on veut vivre intensément ce moment unique de notre vie, nous mettre dans des conditions où il va falloir se surpasser, où l’on va avoir plus soif que d’habitude, où l’on va sentir la notion « d’effort physique » conjuguée à la notion de « force spirituelle », tous les pèlerins piétons vous le diront, on ne sait même pas comment on fait pour marcher toutes ces distances, c’est rationnellement pas compréhensible Bah oui, ce n’est pas du tout rationnel, c’est le coup de pouce divin 

C’est donc une occasion pour voir ses limites repoussées plus loin, ce que l’on a tendance à penser « impossible » s’avère parfaitement faisable. Tous les ans nous avons dans nos groupes des personnes qui flippaient de le faire à pieds, certains étaient même persuadés de ne pas pouvoir le faire, on a déjà eu des soeurs enceintes, des personnes qui boitent légèrement, des personnes âgées de plus de 60 ans (mon beau père par ex a déjà fait le Hajj à pieds 2 fois avec moi, il avait respectivement 78 et 83 ans et je peux vous dire que les plus jeunes n’avaient qu’à bien se tenir ^^)

 

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